Grandeur et décadence des statistiques !
J’emploie à dessein la même expression que j’ai eue dans notre dernière édition de Vins & Vignobles au sujet d’Internet. Cette fois, j’en ai contre les instituts de statistiques qui manipulent les chiffres et leur font dire n’importe quoi et ce qu’ils veulent. Je lis ce matin même dans l’édition du 8 juillet du Devoir que l’Institut national de santé publique du Québec sonne l’alarme parce que les Québécois «frôlent la moyenne canadienne de 8,2 litres d’alcool pur consommé par an (Â…) et le vin représente la principale source de la hausse.» Quand je vois ce genre de statistiques, je regrette toujours qu’elles ne soient pas ventilées, car c’est trop facile de considérer la consommation au degré, sans tenir compte des circonstances de consommation. Consommer deux ou trois apéritifs en fin de journée en mangeant quelques amandes salées, c’est tout de même différent que de prendre trois verres de vin au cours d’un repas qui se déroule pendant trois ou quatre heures ; le vin est alors consommé en mangeant et, lentement.
Autre point, on cite les élèves du secondaire qui ont ingurgité plus de cinq consommations au cours d’une soirée. Est-on allé vérifier de quelles consommations il s’agissait. Tout un chacun sait bien qu’il s’agit de «shooters» consommés pour l’effet. Si ce genre de consommation entre dans les statistiques, voilà déjà un point contestable.
Autre point, et je cite, on demande (Â…) aux autorités de se questionner à savoir si des mesures de taxation pourraient influencer la consommation. Une diminution de taxes pour les produits à faible teneur en alcool est citée.» Encore un mauvais point. Ce sont justement les produits à faible tenir en alcool, les «coolers» qui incitent les jeunes à une consommation excessive car ces produits sont sucrés et l’alcool est imperceptible.
Encore une fois, j’en reviens à la ventilation des statistiques. Que l’on cesse d’amalgamer tous les produits contenant de l’alcool et de les placer à la même enseigne. Les buveurs de vin, les buveurs de bière, les consommateurs de spiritueux ne se retrouvent jamais dans une même assemblée, ni même dans les mêmes circonstances sociales. Le vin est un produit que l’on consomme à table au cours d’un repas ; la bière se consomme partout ailleurs sans obligation de nourriture ; les spiritueux se boivent à l’apéritif ou en digestif avec peu de nourriture ou mieux avec des choses salées pour inciter à boire davantage, mais jamais au cours d’un repas.
Autre point encore, j’aimerais savoir sur quelles bases scientifiques les responsables de la santé publique du Québec peuvent conclure que «chaque augmentation d’un litre d’alcool par personne fait augmenter de 3 % la mortalité» (dixit Claude Bégin). Parle-t-on de crise cardiaque, d’hémorragie cérébrale, ou d’accidents de la route ??? Ces derniers sont rarement le fait d’une consommation de vin car tous les convives sont maintenant conscients du danger de la conduite avec des facultés affaiblies. Mais, fait-on un prélèvement sanguin sur tous les accidentés de la route, un prélèvement qui indique précisément la qualité de l’alcool incriminé (si l’alccol est prouvé responsable). Encore une fois, j’aimerais bien que les statistiques soient ventiléesÂ…
Pour nous de Vins & Vignobles, la question ne se pose même pas. Nous continuerons à faire connaître le vin, les vignerons, les vignobles du monde car c’est une question de civilisation. Le vin fait partie du patrimoine de l’humanité et à ce titre, je revendique le droit de le faire connaître et d’inciter nos lecteurs à l’apprécier. Idéalement en fait, nous aimerions qu’il y ait davantage de consommateurs de vin sur cette terre, l’humanité s’en porterait bien mieux !
À votre santé, longue vie et grande modération !
Bordeaux à deux vitesses, ou comment la locomotive a perdu ses wagons
Il y a trois ans et demi, j’écrivais ceci dans un numéro de Vins & Vignobles : «Bordeaux a-t-il jamais été si abordableÂ…pour une telle qualité ? Plus
La Grèce - En oubliant la «Retsina»
Partir à la découverte de la Grèce vinicole, c’est faire un voyage dans le temps. À chaque pas, on a conscience de la pérennité de l’histoire ; les dieux sont présents partout, sur les fresques, les chapiteaux, les ruines, les fouilles archéologiques. Plus
L’Argentine - L’Europe du Nouveau Monde
L’Argentine est un pays qui a toujours fasciné les Européens. Français, Italiens, Espagnols, sont tous venus y chercher l’Eldorado. Plus
Un week-end safrané en Provence
De la terre de Provence, sur les collines du Vaucluse, jaillissent des vignes, des oliviers et une fleur mauve qui donne une épice aux saveurs d’Orient. Plus
|