Ça s'arrose au Rosé !


Par Pascal Patron

Comme il est quasiment partout interdit d'élaborer des rosés en mélangeant du vin rouge et du vin blanc, exception faite pour le champagne rosé, c'est dans les premières heures après la vendange que se joue la qualité du futur rosé. La couleur de ces vins provenant non seulement des cépages utilisés, mais aussi de leur méthode d'élaboration et notamment du temps de macération pelliculaire lors des vinifications. Effectivement, c'est dans la peau des raisins que se trouvent les anthocyanes, pigments responsables de la couleur rouge du vin. Plus «l'infusion» entre la peau et la pulpe sera longue, plus la couleur du rosé sera foncée. Cela peut durer de quelques minutes dans le cas des rosés de pressurage direct à plusieurs heures pour les rosés de macération et de saignée, et ce en fonction de l'intensité colorante désirée.

Les rosés issus du pressurage direct de grappes de raisins noirs sont devenus très tendance ces dernières années. Ils possèdent une faible intensité colorante, car le temps de contact entre la peau et la pulpe s'avère très court (le temps de la presse). Ces jus très clairs sont ensuite mis à débourber afin de les clarifier quelque peu avant d'être fermentés. Ces rosés sont donc vinifiés comme des vins blancs. Non seulement, la palette de couleur de ces rosés blafards va du blanc taché au saumoné très pâle, mais ils s'expriment par des effluves rappelant plus ceux des vins blancs, sur des arômes de fleurs et d'agrumes et moins sur les fruits. De plus, ils sont plus secs et dépourvus de tannins, donc très peu aptes au vieillissement. Si à l'origine on les retrouvait surtout sur le pourtour de la mer Méditerranée notamment en Provence, majoritairement en appellation Côtes- de-Provence et plus qualitativement en AOC Bandol, ils gagnent aujourd'hui du terrain au point de se retrouver partout.........

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