Cahors Le révélateur du malbec


David Cobbold

06 février 2018


       

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Les raisons d'un tel engouement me sont inconnues, mais, depuis quelques années, l'appellation de Cahors mérite bien tout l'intérêt qu'on lui porte.

Sur le plan individuel, une nouvelle génération de vignerons, venus de la région ou d'ailleurs, épaulés par des consultants avisés ou pas, apportent des regards et des approches bien plus exigeants sur le potentiel remarquable de cette appellation, et sur les méthodes pour le réaliser. Ils ont adopté ou inventé des approches viticoles qui réduisent les rendements et tirent un meilleur niveau de maturité des raisins. Ils expériment en vinification pour allier fruit et structure et obtenir des extractions hamonieuses qui privilégent la texture autant que la force. En un mot, ils ont civilisé leur vins sans diminuer leur force de caractère.

Sur le plan collectif, l'appellation a compris tout l'intérêt qu'il y avait à parler de son cépage majoritaire, le malbec, depuis que les Argentins (qui en ont bien plus) l'ont fait connaître au monde entier. Le malbec constitue maintenant 82 % de l'encépagement de Cahors. Merlot et tannat régressent, et la plupart des cuvées haut de gamme sont maintenant des 100 % malbec. Ce bel endormi, avec son ancienne image de vin rugueux pour repas de chasse, est allé à la rencontre du vaste monde avec des cuvées modernes, intenses mais soyeuses, pleines de fruit et de caractère mais toujours dotées d'un accent de fraîcheur. Et, du coup, ses vins s'exportent de mieux en mieux.

La vallée du Lot en aval de la ville de Cahors peut se diviser en trois terrasses les unes au-dessus des autres. Elles sont largement composées d'alluvions venues du Massif Central qui se sont déposées sur le socle calcaire qui forme l'essentiel du bassin acquitain. Plus l'on s'élève dans l'aire de l'appellation, plus les sols deviennent maigres et drainants. Les premières terrasses, proches de la rivière Lot, produisent essentiellement des vins souples et fruités. Les deuxièmes donnent des vins un peu plus charnus. Ce sont les troisièmes terrasses et les grèzes, sols composés d'éboulis calcaires, qui produisent les cahors les plus riches. Sans oublier les hauts niveaux du quaternaire ancien, sols d'alluvions recouvrant des roches ayant résisté à l'érosion : plus rares, ils donnent aussi des vins très réputés. Encore au-dessus, à 300 mètres d'altitude environ, se trouve le plateau calcaire, moins fertile que les terrasses et où l'influence de la rivière est moins sensible. Les contrastes de température entre jour et nuit amènent une maturité du raisin plus tardive, donnant moins de chair au corps des vins, mais une grande finesse de structure.

Le climat à Cahors comporte différentes influences. Se situant sur le bord est du bassin Acquitain, l'influence océanique tempérante y est encore présente, mais bien moins qu'à Bordeaux. Les différences de température entre jour et nuit pendant la saison de croissance de la vigne y sont plus accentuées, et les hivers plus rudes. Sur le plateau, bien exposé aux vents, on peut même avoir une influence d'un vent chaud venu de la méditerranée, le Vent d'Autan.

Cahors est une appellation dont les progrès, depuis une dizaine d'années, sont spectaculaires. Autrefois dominants, les vins rustiques aux tanins durs et souvent verts, à l'acidité décoiffante et au corps squelettique, sont devenus très minoritaires. Les pionniers qualitatifs comme Le Cèdre, Triguedina, Lagrézette et quelques autres ont fait un paquet d'émules, et il y a maintenant une bonne vingtaine de domaines de très bon niveau qui sortent régulièrement des dégustations que j'ai pu effectuer à Cahors depuis quatre ou cinq ans. La plupart étaient présents dans cette double dégustation des millésimes 2008 et 2009, à l'exception notable de Trotteligotte, dont les vins sont arrivés en retard pour la dégustation et n'étaient pas encore embouteillés pour les 2009.

On peut même, surtout avec des millésimes riches comme 2009, prendre certains vins de Cahors pour des malbecs d'Argentine, tant la maturité du fruit a été soignée et les tanins sont devenus civilisés. Mais en général, il y a toujours, comme signature, cette note de fraîcheur qui relève la finale des vins de Cahors. Les progrès techniques et la compétition mondiale produisent bien des bénéfices pour l'amateur de vin !


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